
Voilà deux heures quun jeune garçon et son père attendent dun air résigné, leurs modestes vélos à leur côté, la permission de rentrer chez eux. Lun de retour de petits boulots grappillés ça et là et lautre de lécole située à quelques kilomètres de leur village natal. Le père et le fils espéraient arriver chez eux à temps pour le repas du soir, « Trop tard » leur ont fait savoir les soldats qui montent la garde, mitraillette à la main, en bordure de la barrière qui bloque désormais la route vers leur village. Ils ont pourtant leur « ausweis ».
NON ! Nous ne sommes pas sur la ligne de démarcation lors de la période pendant laquelle la moitié de la France fut occupée par les Allemands de 1940 à novembre 1942, mais près du petit village natal de nos deux compères : La bourgade dAzzoum en Palestine, située de lautre côté de la clôture israélienne
Clôture ? Mur ? Pour les élèves de Beit Amin, qui envahissent bruyamment la cour de lécole en ce doux matin dautomne, cette querelle de sémantique a bien peu dimportance : la barrière fait désormais partie de leur quotidien. En plus de leur sac décole et leur maigre repas du midi, les adolescents de Beit Amin doivent penser dapporter leur permis de passage avant de quitter leur foyer ; bien quarrivés à la barrière, ce sera tout de même le bon vouloir des soldats israéliens qui déterminera leur passage. Depuis plusieurs mois, lunique établissement denseignement secondaire du village se trouve de lautre côté de cette foutue clôture électrifiée quérige sans cesse Israël autour de la Cisjordanie. Et impossible de la franchir sans le passeport « ausweis » remis par larmée israélienne.

Ces deux villages formaient une grande famille, elle est désormais divisée. Le père et le fils doivent maintenant surveiller lheure si le soir ils désirent rendre visite à leur famille et leurs amis à Beit Amin. La barrière entre ces deux villages, ferme quotidiennement de 21 heures à 7 heures. Ce système fasciste est pire quune prison, car dans les prisons, les gardiens ont au moins la responsabilité de nourrir les incarcérés.
Plus loin, dans la bande de Gaza, la fumée séchappe encore des décombres. Au milieu des grues, dans un vacarme assourdissant, une vieille dame fouille dans les ruines de sa petite maison, à la recherche de photos jaunies, de vieux souvenirs et dautres objets personnels. Les bulldozers de Tsahal, fidèles à leurs habitudes, ont rasé le pâté de maisons...bilan : cinq morts, dont un enfant de quatre ans et plusieurs familles à la rue. Deux faits anodins par rapport à ce qui se passe de jour en jour sur cette terre de misère Palestinienne. Cétait il ny a pas très longtemps.

Souvenons-nous de ces derniers mois. Un processus électoral palestinien sest officiellement ouvert le 20 novembre dernier. Parmi les aspirants à la candidature on trouve Cheikh Talal Sidr, ex dirigeant du mouvement extrémiste Hamas, qui avait fait alliance avec Arafat en 1996 et Abdel Sattar Qassem, professeur de sciences politiques et pourfendeur soi-disant dune certaine corruption. Pendant un temps ce fut Farouk Kaddoumi qui succéda à Yasser Arafat, et maintenant Mahmoud Abbas vient dêtre élu démocratiquement.
Mais parmi tous ces chefs palestiniens...un seul dirige vraiment lavenir de la Palestine. Un ÉNORME MOLOCK, en hébreux « ha-Molek », qui jamais ne lâchera prise malgré toutes ses belles promesses de décolonisation. Il continuera dasservir jusquà los, le reste du territoire Palestinien de la Cisjordanie. Dautant que son copain Bush et sa bande dÉvangélistes envoient un milliard de dollar aux colons Juifs par an, même si georges debleyou vient dappeler les autorités israéliennes au calme et à geler le développement des colonies en Cisjordanie.

Cela na pas empêché le 9 avril dernier, Tsahal de tirer à la mitrailleuse sur cinq adolescents de 15 et 14 ans jouant au football, dont trois ont été tués. Et on veut nous faire croire que Bush et Sharon, qui vont se rencontrer dans le ranch du cow-boy américain de Crawford (Texas), que tout ira bien pour lavenir des Palestiniens. Rien ne va changer ! Israël continuera sa galopante colonisation, jusquà ce quil ne reste quun désert comme pays pour les Palestiniens, et si je me trompe, je boufferai non seulement la moelle mais los avec.
Sharon et sa clique de sionistes, sont revenus à la case départ. Il faut le dire même si cela ne plait pas à tout le monde, car cela est vrai. Depuis la prise de Jérusalem en lan mille avant J.C par le Roi David, victorieux des Philistins, des Moabites, du Roi de Çoba, des Araméens de Damas, des ammonites, des Amalécites et des Édomites. Tout comme David, Sharon poursuivra sa lutte jusquà ce quil obtienne pour le peuple Hébreux, la mainmise sur toute la Palestine. Et si ce nest lui, comme disait Lafontaine, ce sera donc son frère. Son frère de Sion, son frère du peuple élue, un frère qui comme tous ses semblables, estimera que ceux qui ne sont pas comme lui devront disparaître de cette région.
Tout cela nest pourtant pas difficile à comprendre, puisque lhistoire se répète.
Torez

Une vieille femme assise sur un parpaing de ciment tombé du mur de sa maison, pleure en silence. Un ange ou une femme très belle, sest assis
Quand nous voyons de plus en plus souvent des individus de bonne foi, osant critiquer les politiques de lÉtat dIsraël être accusés dantisémitisme, avons-nous le droit de nous poser des questions ?
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