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Vendredi 17 juin 2005

Nul ne peut être contre l’harmonie

 

Il va falloir une fois pour toutes que tous et chacun, nous nous mettions d’accord sur un mot qui nous l’espérons, mettra fin à certaines accusations assommantes qui n’en finissent plus d’être adressées à quiconque ose utiliser ce mot.

 

Il existe présentement en France, autant à la télévision, dans les journaux et même sur Internet, un courant malsain qui est en train de pourrir une partie de l’information à cause de ce mot. Nous parlons ici d’un terme qui semble diviser des acteurs qui pourtant ont bien souvent les mêmes idées, mais qui ne s’entendent pas sur la signification de ce terme. Ce mot que bien des gens emploient, les uns dans un sens, les autres pour d’autres raisons et certains même pour s’identifier ne pèche vraiment pas par unanimité. Ce vocable disons-le enfin, c’est le mot antisionisme. Et il est vrai qu’il est souvent employé à toutes les sauces sans discernement. Il faut admettre qu’il est ardu pour un non juif même instruit en la matière de ne pas s’emmêler les pieds dans les fleurs du tapis.

 

Nous allons tout de même avec le plus de modestie possible essayer de décortiquer ce vocable. Cela tranquillisera peut-être certains antagonistes qui accusent à tous vents ceux qui emploient le mot sionisme et par extension l’antisionisme pour critiquer les politiques expansionnistes et ségrégationnistes du premier ministre d’Israël Ariel Sharon.

 

Par opposition à la doctrine du sionisme, l’antisionisme aurait trois fondements, totalement opposés :

 

Le premier, est dû aux nationalistes. Les juifs sionistes habitant un pays comme la France par exemple, sont considérés comme des traîtres à celui-ci par certains. Assez bizarre comme idée, puisque ce sont justement des antisémites qui refusent d’abord de considérer les juifs comme des compatriotes, pour les taxer ensuite d’antipatriotisme. Ce qui entraîne à coup sûr le révisionnisme. Ceux-là, font partie à n’en pas douter de l’extrême droite raciste.

 

Le deuxième est purement théologique. Certains courants religieux juifs considèrent que le retour en Israël ne peut s’effectuer que lors de la venue sur terre du Messie. Le sionisme, dans cette optique nous semble donc une hérésie.

 

Et enfin le troisième qui nous parait plus humaniste, considère que cette doctrine est présentement néfaste puisque ségrégationniste et prônant l’ostracisme à l’égard des palestiniens ou, tout simplement, parce qu’elle est religieuse et nationaliste. On peut donc être dans cette optique, antisioniste, tout en étant juif israélien.

 

C’est le plus souvent en se référant au troisième paragraphe que ceux qui osent condamner Ariel Sharon et ses politiques s’identifient. Malgré cela, malheureusement, certains sionistes taxent souvent ces derniers d’antisémitisme sans raison (non pas le racisme contre les sémites au sens large mais réduit aux seuls juifs dans la réalité) semant ainsi cette confusion malsaine dans les esprits. Maintenant, que ceux qui se disent antisionistes parce qu’ils s’opposent à un État juif non ethnique et doté d’une démocratie laïque, sont à notre sens des individus bornés et dénués de tout humanisme. Préciser d’avantage nous apparaît difficile et nous croyons que ceux qui n’auraient toujours pas compris les différences seraient sans doute de mauvaise foi. Par contre si nous errons encore, il nous fera plaisir d’accueillir toutes explications supplémentaires et constructives.

 

Lorsque nous disions plus haut, que ce mot ambigu pouvait diviser des individus qui pourtant prêchent les même solutions quand aux politiques présentes en Israël, nous pensions justement aux militants juifs de France du groupe Shalom Arshav (La Paix Maintenant) * qui sans accepter les condamnations unilatérale d’Israël, n’acceptent pas non plus le soutien inconditionnel aux actions de son gouvernement. Ces gens se disent sionistes et croient à la pertinence ou à la légitimité d’un État juif en Palestine. Et d’après ce qu’ils nous disent, ils ne cessent pas de combattre pour un compromis équitable fondé sur les principes suivant :

 

* reconnaissance de l’État palestinien, à côté de l’État juif.

* partage de la terre entre les deux États selon le tracé de la ligne verte.

* partage de souveraineté sur Jérusalem.

* démantèlement des colonies juives de Cisjordanie et de Gaza.

* retour des palestiniens sur le territoire de l’État palestinien.

Il faut admettre que les palestiniens demandent la même chose depuis longtemps. Douter de l’intégrité morale du groupe Shalom Arshav serait pour le moins de mauvais goût.

 

Par contre nous sommes obligés de constater, que certains membres du comité de parrainage de ce groupe nous semblent peu crédibles de par les propos qu’ils ont tenus envers certains individus et groupes d’individus, car au lieu de prôner la paix par leurs paroles, ils attisent plutôt la haine. Il faut croire qu’il y a dans toutes sociétés désirant faire le bien, quelques moutons noirs marchant toujours à contre sens sabotant par le fait même le bon travail des autres. Ces moutons noirs souffrent de « judéophobie » car à chaque coin de rue ils y voient un antisémite. Il s’agit que l’on ose critiquer certains agissements de groupes d’extrême droite juifs ou blâmer d’une façon un tant soit peu intempestive les atrocités faites aux palestiniens par l’État Hébreux, pour que ces pourfendeurs s’excitent de façons disproportionnées. À moins que ces gens-là aient la ferme conviction qu’à eux seuls revient le droit de désapprouver les juifs qui contreviennent à la simple humanité ? Ils feraient mieux de s’en prendre à des groupes vraiment racistes comme le Betar-Tagar, La Ligue de Défense Juive et le Rav Kahana qui ont tous pignon sur rue en français sur Internet, au lieu de faire tout un plat avec ceux qui emploient parfois les mots sionisme et antisionisme par manque de discernement ou à mauvais escient. On peut reprendre un individu gentiment quand ils se trompent sans pour cela automatiquement le traiter de raciste.

 

Pour en revenir à plus d’humanisme, terminons cette mise au point par un souffle d’espoir. Il est bien évident que sur le territoire de notre beau pays, il y a plus de citoyens qui aspirent à un règlement au conflit Israélo-Palestinien que d’individus qui y sont radicalement opposés. Ces derniers sont soit des fanatiques religieux ou des racistes tout simplement. Travailler pour la paix devrait être la responsabilité de tous. Alors aspirons donc à l’espoir d’un règlement aux conflits qui bouleversent les pays du Proche et Moyen-Orient, pour qu’enfin des sociétés libres et démocratiques renaissent des cendres et parviennent finalement à vivre ensemble dans l’harmonie et l’égalité. Que cette espérance ne nous empêche pas, bien au contraire, de continuer de dénoncer avec vigueur tout ce qui s’apparente à de la discrimination, de l’oppression et de la déshumanisation.

 

David Torez

 

*(http://www.lapaixmaintenant.org/article421)

 

Par Torez - Publié dans : honnetete
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